|

|
|
Le
respect est le gage d'une meilleure rencontre
- L'un des
attraits du voyage tient à la diversité des
peuples et des cultures rencontrés. Or, chaque
culture, religion et mode de vie est soumise à des
règles et à des traditions qu'il convient
de respecter et de comprendre, plutôt que de juger.
Le voyage ne se conçoit pas sans respect et
humilité vis-à-vis des personnes, des
biens, de la culture et du mode de vie du pays
visité. Ce respect se traduit par des attitudes
simples, au jour le jour.
- Chaque pays vit
selon un rythme qui lui est propre. Dans certains cas, la
hâte et l'impatience ne sont pas les meilleurs
moyens de s'attirer la sympathie.
- Les tenues trop
moulantes, trop dénudées, trop
ostentatoires ou trop décontractées sont
susceptibles de choquer sous certains cieux. Il en va de
même des codes régissant les contacts
corporels (caresser la tête d'un enfant, serrer la
main d'une femme pour un homme, s'asseoir à
côté d'une femme, s'embrasser en
public).
- Une bonne photo
se fait avec son sujet, pas contre lui. Les photographes
ont tout à gagner à prendre le temps
d'établir un climat de confiance, à
demander l'autorisation de filmer ou de photographier
(auprès des parents pour les enfants) et à
se conformer aux éventuels refus.
- Il est
préférable de ne promettre d'envoyer des
photos aux personnes photographiées que si on est
certain de pouvoir respecter son engagement (y compris
dans le cas où une contrepartie ou une
rétribution est demandée).
Respecter les
vaccinations conseillées permet d'éviter
l'introduction de maladies dans le pays visité. Il
est important d'utiliser les traitements
antipaludéens en respectant les recommandations de
l'OMS : surdoser présente le risque d'augmenter la
résistance des souches au détriment des
populations locales.
- Le tourisme
sexuel est une atteinte à la dignité
humaine condamnée par les lois. Il ne ressemble
pas toujours au premier abord à la prostitution.
Nombreux sont les exemples de voyageurs qui rentrent de
tel ou tel pays émerveillés de la
"fantastique liberté sexuelle" (!) de ses
habitants, sans même réaliser qu'elle n'est
motivée que par la misère ambiante.
|
|
|
L'argent,
les biens, la nourriture, n'ont pas partout la même
valeur
- La
différence de niveau de vie entre le voyageur et
la population du pays d'accueil, lorsqu'elle existe, peut
être à l'origine d'incompréhensions
et de dérives. Etre accueilli dans un village ou
une famille équivaut dans certains cas à un
grand sacrifice pour les populations locales. Ce qui est
offert au voyageur, tout comme ce qu'il offre, doit
être mesuré en valeur locale.
- Dons et cadeaux
ne sont pas des gestes innocents. Ils peuvent parfois
prendre une connotation condescendante, méprisante
ou déplacée (jeter par exemple des
pièces ou des bonbons à des enfants afin de
s'en débarrasser). Les cadeaux, dons et pourboires
trop importants compte tenu du niveau de vie
général du pays visité
déstabilisent les équilibres
économiques locaux. Les enfants qui
reçoivent de l'argent pour des photos ou parce
qu'ils mendient ne sont plus scolarisés, gagnent
plus d'argent que leur père : ceci peut
créer d'importantes distorsions dans les
structures familiales (non-respect du père et des
anciens).
- Certains dons
peuvent s'avérer dangereux lorsqu'ils sont
distribués au hasard, notamment les
médicaments. Les hôpitaux et dispensaires,
lorsqu'ils existent, sont souvent plus à
même de les gérer. De la même
façon, les bonbons et sucreries ont des
conséquences longtemps après notre passage
(caries dentaires).
- Utiliser les
hôtels locaux plutôt que les chaînes
hôtelières d'Etat ou
étrangères, les transports locaux, les
services rémunérés des populations
locales (guides, cuisiniers, muletiers, porteurs,
ménage...) est souvent le meilleur moyen de les
faire bénéficier directement de l'argent du
tourisme.
- Un appareil
photo ou simplement une paire de chaussures peuvent
être l'équivalent de plusieurs mois ou
d'années de salaire aux standards du pays
visité. Les exhiber ou les traiter sans
ménagement peut s'avérer choquant ou
être mal compris.
- Le marchandage
fait culturellement partie de la tradition commerciale de
certains pays. S'y refuser est souvent mal
interprété et peut contribuer à
l'augmentation du coût de la vie. En revanche, il
ne faut pas oublier que des sommes dérisoires pour
le visiteur peuvent être d'une grande importance
pour celui qui les reçoit.
-
- En règle
générale, les voyageurs doivent se garder
d'abuser de la tentation de populations démunies
à vendre des objets sacrés, traditionnels,
ou faisant partie du patrimoine du pays (sauf s'ils sont
réalisés à la seule fin d'être
vendus aux touristes)
|
|


|
|
Seule
reste l'empreinte de nos pas
- L'espace naturel
et les sites culturels sont souvent les principales
richesses touristiques d'un pays et la première
motivation des voyageurs qui s'y rendent. Les voyageurs
ont une responsabilité vis-à-vis de
l'environnement du pays d'accueil.
- Les voyageurs se
doivent d'éviter de laisser derrière eux
leurs déchets, quels qu'ils soient. Tous les
moyens (emballages bio-dégradables, etc.)
permettant de limiter les déchets nés du
tourisme doivent être utilisés. Mieux vaut
limiter, dans ses bagages, les emballages qui devront
être laissés sur place.
- Il est
préférable de rapporter avec soi les
déchets non-destructibles (sacs plastiques, piles
et batteries, etc.) après un voyage dans un pays
ne disposant pas d'infrastructure d'élimination
des déchets.
- Certains
déchets (papiers, papier hygiénique, etc)
peuvent être facilement brûlés, bien
que, dans certaines cultures, le feu ait un rôle
sacré, et il peut s'avérer choquant de
l'utiliser pour détruire les déchets. Il
faut en règle générale se renseigner
sur les comportements locaux de gestion des
déchets. Dans certaines régions, les
boîtes de conserves peuvent être par exemple
laissées aux populations locales qui les recyclent
en bijoux ou objets utilitaires.
- Il est
préférable dans certaines régions
d'utiliser du gaz ou d'autres moyens de combustion peu
consommateurs de bois pour faire sa cuisine. Si aucune
solution de cuisine au gaz n'est possible, mieux vaut
avoir recours au bois mort trouvé au sol. Le
charbon de bois est grand consommateur d'arbres verts et
vivants.
- Certains
écosystèmes fragiles imposent le respect de
précautions particulières : ne pas sortir
des sentiers ou conduire hors piste, limiter le
piétinement, ne pas utiliser de moyens de
locomotion à moteur, etc.
- L'observation
des animaux ne doit pas modifier leur comportement
naturel et déranger leur vie quotidienne. Il est
préférable de garder une distance que les
animaux considèrent comme sûre, et de se
garder de faire trop de bruit.
- Les
équipes locales qui vous guident dans
l'observation animale sont parfois prêtes, pour de
l'argent ou pour faire plaisir, à ne pas respecter
ces règles.Alors que l'observation d'un animal non
perturbé est in fine plus intéressante que
celle d'un animal stressé par votre
proximité.
- Nourrir les
animaux modifie leur régime alimentaire et peut
être dangereux. Les singes deviennent ainsi
agressifs et voleurs, par exemple.
- Il n'est pas
recommandé d'utiliser des magnétophones ou
autres appelants pour attirer et observer la faune, sans
parler de toucher les animaux, pour leur santé et
celle des êtres humains.
Eviter
de pêcher dans les lacs ou mers où le
poisson est rare, ou certaines espèces en voie de
disparition.
- Il est important
de respecter les réglementations en vigueur dans
les Réserves ou Parcs naturels. Payer les taxes
d'entrées ou de séjour permet la
conservation et la préservation des sites.Exiger
le reçu de ces taxes permet d'éviter le
détournement de ces fonds.
- Certains
"souvenirs" qui font partie du patrimoine naturel du pays
d'accueil ne doivent pas quitter celui-ci. Les graffitis
ou autres traces sont des mutilations souvent
ineffaçables.
- Les accords pour
la protection des espèces (CITES) - qui visent
à protéger plus de 2 500 espèces
d'animaux et 30 000 espèces de plantes
menacées - interdisent le commerce de peaux,
d'ivoire, d'écailles, de coraux, de coquillages,
de même que l'importation d'animaux exotiques
vivants.
- L'eau potable
est parfois une denrée rare qu'il faut utiliser
avec parcimonie et éviter de polluer. Les
voyageurs doivent préférer autant que
possible les lessives sans phosphates, les savons et
détergents biodégradables, faire leurs
lessives et toilette en aval des habitations et à
distance des points d'eau potable.
- Il vaut toujours
mieux obtenir l'autorisation pour utiliser le puits ou la
pompe d'un village et ne pas se laver à
proximité, même si les habitants le font.
|
|

|
|
Epilogue
Par
notre présence, nous pouvons apporter de l'argent,
utile au développement de certaines régions du
monde, par notre naïveté ou nos maladresses nous
pouvons également provoquer des dégâts
irrémédiables. L'une des clefs essentielles
pour pallier cela est simple : s'informer. Nous croyons
qu'il n'y a pas de bons ou de mauvais voyageurs, mais
seulement des gens mal informés.
A
travers leurs activités professionnelles,
Atalante
et Lonely
Planet
s'attachent depuis longtemps à appliquer ou à
faire connaître ces principes qui constituent une
philosophie du voyage. Rien ne peut être
systématisé car autant de pays signifie autant
d'approches. Néanmoins, nous souhaitons partager ces
valeurs avec le plus grand nombre de voyageurs et de
professionnels du tourisme.
©
Charte éthique du voyageur.
|